mercredi 28 juin 2017

Le Marchand de Passés (2004) - José Eduardo AGUALUSA - Angola - Ed. Métailié (Suites N°157)

Traduit du Portugais par Cécile Lombard
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Présentation par l'éditeur :
"A Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Félix Ventura, le bouquiniste albinos, exerce une activité étrange : il crée de faux passés qu’'il vend aux nouveaux riches. Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux et la bourgeoisie angolaise naissante, tous ont assuré leur avenir. Il leur faut donc transmettre à leurs enfants un bon passé.
Félix leur construit des généalogies flatteuses, des portraits leurs enfants un bon passé.d’ancêtres, des mémoires brillantes. Il en vit bien, jusqu’'à l’'arrivée d’un mystérieux étranger à la recherche d’'une identité angolaise. Alors, dans un vertige, le passé envahit le présent et tout bascule.
Satire féroce et pleine d’'humour de la société angolaise, ce Marchand de passés est surtout une réflexion sur la construction de la mémoire et ses ambiguïtés."
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Etrange et attachant, à la limite du fantastique...
Quelque peu désemparé au départ par la forme du livre : le narrateur est un gecko (sorte de petit lézard), mais un gecko qui fut humain dans le passé...
Puis de plus en plus captivé...
Finalement fasciné par la lecture de cet ouvrage totalement à part qui bénéficie en outre d'une qualité d'écriture remarquable.
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 Extraits
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"Un homme qui trafiquait les souvenirs, qui vendait le passé, secrètement, comme d'autres font de la contrebande de cocaïne." 
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"Nous ne sommes heureux, vraiment heureux que lorsque c’est pour toujours, mais il n’y a que les enfants qui habitent ce temps où tout dure pour toujours."
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 "Dieu nous a donné les rêves pour que nous puissions jeter un coup d’œil de l’autre côté… Pour que nous parlions avec nos ancêtres."
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"Le bonheur est presque une irresponsabilité. Nous sommes heureux pendant les brefs instants où nous fermons les yeux."
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"Il existe des gens qui font preuve, très tôt dans leur vie, d'un immense talent pour la malchance. Le malheur les atteint comme un jet de pierre, un jour sur deux, et ils le reçoivent avec un soupir résigné. Il y en a d'autres, au contraire, qui ont un étrange propension au bonheur. Ceux-ci sont attirés par l'azur, ceux-là par l'ivresse des profondeurs. Il y a des gens prédestinés à rêver (certains sont bien payés pour ça); il y a des gens qui sont nés pour travailler, pragmatiques, concrets et infatigables, et des gens qui, comme des fleuves, Sont de la source à l'embouchure pratiquement sans jamais quitter leur lit..."
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José Eduardo Agualusa
né en 1960 en Angola
Journaliste, Ecrivain, Editeur
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Sur l'auteur voir Wikipédia ICI
 
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mardi 27 juin 2017

TEXAS FOREVER (1989) - James Lee BURKE - Etats-Unis - Rivages/Noir n°972

Un livre inhabituel dans la production de James Lee Burke...
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Présentation de l'éditeur :
"Louisiane, 1836. Son Holland est bien décidé à s'évader du camp de prisonniers dans lequel il arrive. Il y parvient bientôt avec l'aide d'un comparse, Hugh Allison, mais doit abattre un gardien. Les deux hommes s'enfuient au Texas où, entre bandits et Indiens, ils rejoignent les Rangers de Sam Houston à la veille de la bataille de Fort Alamo."
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Bien loin des enquêtes de David Robicheaux, le mythique officier de police...
"Le Faulkner du roman noir" (qualitatif tout à fait mérité !) nous offre un authentique western qui est également l'histoire d'une belle amitié entre deux hommes que tout sépare...
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Plaisir de retrouver tout Burke dans ce western : ses évocations lyriques de la nature, l'humanité des personnages toujours bien campés, la qualité de l'écriture...
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Extraits
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"Le jour même où Son Holland arriva au camp pénitentiaire, menotté, à l'arrière d'un chariot tiré par des mulets, en compagnie de sept autres prisonniers, il sut qu'il finirait par s'évader, qu'il mourrait avant d'avoir passé dix ans dans un marais fumant, sous les pistolets et les fouets de Français impaludés qui avaient du sang noir dans les veines et un cœur dégénéré et corrompu. Mais, âgé alors de tout juste dix-neuf ans, il était encore assez naïf pour croire que sa seule volonté lui permettrait de retrouver la liberté. Il ignorait que près de deux ans s'écouleraient avant qu'il ne s'évade presque par hasard, et qu'il lui faudrait pour cela se rendre complice d'un meurtre."
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"Parfois il pensait aux femmes, mais plus souvent, dans la chaude obscurité, il pensait à ses montagnes du Cumberland, dans lest du Tennessee. Au centre de son esprit il voyait le vert foncé des crêtes émergeant de la brume matinale, avant que le soleil ne chasse le brouillard de la rivière et que n’apparaissent les pentes aux cornouillers en fleurs et les vallons d’érables, de hêtres et de bouleaux jaunes. Mais s’il s’attardait trop longtemps sur cette image il revoyait la cabane brûlée et le cadavre de ses parents dans l’enclos des chevaux, là où il les avait retrouvés, déjà attaqués par les cochons."
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"Arrivés en haut d'une colline, ils eurent une vue dégagée jusqu'à l'horizon, à l'ouest : le paysage et le ciel se rencontraient à l'infini.
- C'est vraiment immense, hein? dit Son.
- Oui, approuva Hugh. Des étendues pareilles, ça vous donnerait presque envie de renoncer au crime. "
 
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James Lee Burke
né en 1936 à Houston (Texas)
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Sur l'auteur voir notamment ICI
 
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lundi 26 juin 2017

K.O. - Fabrice GOBERT (Réalisation & Scénario avec Valentine Arnaud) - France - au Pathé Beaugrenelle (23.06.2017)

4 / 5
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Synopsis :
"Antoine Leconte est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. Au terme d’une journée particulière oppressante, il est plongé dans le coma. À son réveil, plus rien n’est comme avant : Rêve ou réalité ? Complot ? Cauchemar ?… Il est K.O."
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Pas facile pour un patron d'une chaîne de télévision de se retrouver en Monsieur météo...
Un cauchemar qui va peut-être lui offrir l'opportunité de prendre conscience de son comportement ignoble tant dans son travail que dans sa vie privée ???
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Bon !... le scénario est plutôt alambiqué mais on oublie très vite et l'on finit par tout accepter...
Tant en raison de la totale maîtrise de la réalisation de Fabrice Gobert,
Que par l'étonnante performance de Laurent Laffite dans son interprétation du rôle principal.
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Laurent Lafitte (Antoine Leconte)...
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L'ensemble de la distribution est remarquable...
Notamment Chiara Mastroianni...
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et
entre autres Pio Marmaï, Clotide Hesme, Zita Hanrot...
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Fabrice Gobert
né en 1974
Réalisateur, Scénariste
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C'est son second long métrage après Simon Werner a disparu (2010)...


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Auteur également de la série télévisée Les Revenants (2012-2015)
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jeudi 22 juin 2017

LE PRINCE FOUDROYE (1998) - Laurent GREILSAMER - France - Poche n°31449

La Vie de Nicolas de Staël :
Un parcours tumultueux de sa naissance (1914) à Saint-Pétersbourg à son suicide (1955) à Antibes...
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Présentation du livre par l'Editeur :
"Son unique obsession était la peinture : elle était son souffle, son sang. Quand Nicolas de Staël (1914-1955) se donna la mort, à quarante et un ans, il laissait plus de mille tableaux, autant de dessins, et l'énigme d'une vie menée au galop. Insolent et généreux, Staël savait masquer sous le rire les failles d'une enfance brisée par la révolution russe de 1917 et les rigueurs d'un exil polonais. La reconnaissance arriva des États-Unis, alors qu'il avait trente-neuf ans. Trop tôt ou trop tard : il s'était déjà réfugié en Provence, écrasé de gloire, fraternisant avec René Char, brûlant sa vie.
Sa morale tenait en quelques mots :
 "Il faut travailler beaucoup, une tonne de passion et cent grammes de patience."
 Voici la chevauchée de ce prince foudroyé.... "
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Cette biographie peut-être un peu austère, mais d'une parfaite rigueur et remarquablement documentée avec notamment de très nombreux témoignages passionnants,
Nous permet de mieux connaître ce grand peintre qui échappe un peu à toute classification, entre art abstrait et figuratif :
« Je n’oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d’un espace. »
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Un extrait : lettre de Romain Gary adressée à Nicolas de Staêl après la visite d'une exposition dans une galerie new-yorkaise :


"Cher Monsieur,je viens de voir,chez Rosenberg, vos toiles admirables et je tiens à vous dire le plaisir incessant que je prends à les regarder.Ce qu'une telle simplicité trompeuse peut cacher de finesse et de profondeur,sans parler d'années de travail,ce n'est pas à moi de vous le dire,mais c'est une peinture, en quelque sorte, illimitée, qui vous donne de l'imagination et vous force, vous, simple spectacteur, à avoir du génie. Vous êtes le seul peintre moderne qui donne du génie au spectacteur. Chaque toile ouvre des possibilités de rêve absolument étonnantes."
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Laurent Greilsamer
né en 1953
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Journaliste, essayiste
Auteur de nombreux ouvrages, notamment de deux autres biographies :
L'homme du Monde : la vie d'Hubert Beuve-Méry (1990),
L'éclair au front : la vie de René Char (2004)

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Je me souviens avoir acheté ce livre lors de la visite, en juin 2014, au Musée Picasso d'Antibes, de l'exposition "Staël, la figure à nu"...
 
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Exposition qui m'avait fortement impressionné,  d'autant que je ne connaissais guère le peintre que de nom...: elle regroupait des œuvres des cinq dernières années.
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Parmi les œuvres exposées :
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Figures dans l'atelier (1951)...

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Guitariste (1954)...

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Les Indes Galantes (1953)...

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Figures (1953)...
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Figure debout (1953)...
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Nu couché (1954)...
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Figure (1954)...
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Etude de footballeur (1952)...
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Portrait d'Anne (1953)...
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Les musiciens, souvenir de Sidney Bechet (1953)...

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Le Concert (1955) :
Nicolas de Staël a peint cette toile géante (3,50 / 6,00) dans les trois jours avant de se jeter dans le vide le 16 mars 1955...
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Nicolas de Staël (photo de Denise Colomb - 1954)...
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mardi 20 juin 2017

CE QUI NOUS LIE - Cédric KLAPISCH (Réalisation & Scénario avec Santiago Amogorena) - France - au Pathé Beaugrenelle (18.06.2017)

Une fratrie dans le vignoble bourguignon....
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3 / 5
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Synopsis :
"Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent."
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Difficile de bien juger un tel film somme toute sympathique et que l'on souhaiterait aimé...
Sympathiques tous ses acteurs épatants...
Sympathique et intéressant tout ce qui touche au travail de la vigne tout au long de l'année (de la taille aux vendanges...)
 Sympathiques les scènes de groupe bien réussies...
Alors ?
Alors malheureusement un scénario terriblement conventionnel, fade et qui sonne souvent faux avec des personnages parfois trop proches de la caricature...
Dommage !
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La fratrie :

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Pio Marmaï (Jean)

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Ana Girardot (Juliette)

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François Civil (Jérémie)

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Cédric Klapisch
né en 1961
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Réalisateur, Scénariste, Producteur
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Voir ICI sur Wikipédia
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lundi 19 juin 2017

A SERIOUS GAME - Pernilla AUGUST (Réalisation) - Lone Scherfig (Scénario) - Suède - au Gaumont Convention (12.06.2017)

Le film est tiré d'un roman de Hjalmar Soderbergh Le Jeu Sérieux (1912), très connu dans les pays scandinaves...
En désaccord avec l'accueil plutôt réservé de la presse, j'ai bien aimé cette histoire d'amour romanesque qui se déroule à Stockholm dans les années 1900.
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4 / 5
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Synopsis :
"Dans la Suède du début du XXème siècle, Arvid Stjärnblom, un jeune journaliste, et Lydia Stille, fille d’un artiste peintre, tombent éperdument amoureux. Mais leur idéal d’une passion pure et inconditionnelle se heurte à la réalité de l’époque ; désargentés et effrayés par l’avenir, ils épousent finalement, l’un comme l’autre, un parti plus fortuné. Des années plus tard, alors que chacun a fondé un foyer, ils se retrouvent. Déchirés entre famille et passion, ils devront dès lors assumer leur choix et en payer le prix…"
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L'amour peut-il vraiment survivre à l'épreuve du temps et de la réalité ?
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Outre l'histoire d'amour, le film est aussi (peut-être même surtout) un magnifique portrait d'une femme courageuse et libre qui n'accepte pas de compromission...
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Pernilla August précise :
"Il y a longtemps que j’attendais de voir une véritable histoire d’amour ! Surtout qui se jouerait au tournant du siècle dernier. Quand j’ai lu A Serious Game, j’y ai tout de suite vu la marque d’une nature humaine universelle ; des situations et des émotions pouvant très facilement être transposées aujourd’hui, bien que l’oeuvre ait été écrite il y a longtemps"
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La réalisation est classique, sobre et sensible, le rythme lent (j'ai apprécié...), la reconstitution d'époque excellente...
Bien aimé également la bande musicale (avec quelques extraits d'opéra...) et l'interprétation.
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Karin Franz Kölof (Lydia)
et
Sverrir Gudnason (Arvid)
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Pernilla August
née en 1958
Actrice et Réalisatrice
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A Serious Game est son second long métrage après Svinalägorna (2010)
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Elle a tourné dans une vingtaine de films dont :
Fanny et Alexandre (Bergman-1982)
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 Les Meilleures Intentions (Bille August - 1992) pour lequel elle a obtenu le prix d'interpétation à Cannes...
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vendredi 16 juin 2017

CUBA - BARACOA (mars 2017) - la FÊTE FORAINE....

On ne peut pas dire que la Fête bat son plein sur ce front de mer qui garde encore les traces des dégâts provoqués en octobre 2016 par l'ouragan Matthew (voir ici)
Une certaine tristesse à déambuler au milieu d'une foule clairsemée...
Une certaine hésitation également avant de me décider à prendre quelques clichés...
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Bien loin des fastes colorés des manèges que nous connaissons,
L'état du matériel de ces très modestes attractions ferait frémir d'horreur nos forains...
Mais sans doute aussi des moments de bonheur pour quelques enfants...
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(photos JCMEMO)