lundi 2 septembre 2019

DES OISEAUX VENUS D'AILLEURS....

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Trois magnifiques oiseaux photographiés par
Mon ami Martial...
Passionné d'ornithologie
Il parcourt le monde depuis des années...

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Brève D'Elliot, prise au Vietnam...


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Eurylaime de Whitehead, espèce rare et endémique de Bornéo...

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Brève d'Irène, prise en Thailande...




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mercredi 31 juillet 2019

L'OPIUM ET LE BÂTON (1965) - Mouloud MAMMERI - Algérie - La Découverte / Points n° 2782


Paru trois ans après l'indépendance "L'opium et le bâton" raconte la guerre d'Algérie à travers la vie quotidienne d'un village kabyle...
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Présentation par l'éditeur :


"Les ans et les générations, les soleils et les pluies, les guerres et la paix ont modelé ce village qui ne ressemble à nul autre. Ce que des siècles ont fait il suffit ? fffffff (il souffla sur ses doigts) ? du vent d’une nuit pour le détruire, que ce soit la nuit du soleil ou celle de vos esprits. » Tala, niché dans les montagnes, est le village de Bachir et de sa famille. Piégés, déchirés entre le FLN et l’armée française, ses habitants s’interrogent : et si Tala n’était qu’une étoile morte ? Certains comme Tayeb ont vendu leur âme, d’autres comme Bachir et son frère Ali sont partis aider les frères. Entre ces deux extrêmes, une majorité de pleutres, passifs et apeurés… Qui sait si Tala survivra à la nuit des esprits ?"
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Bachir, jeune médecin installé à Alger, décide de tout quitter, pour participer à la guerre de libération de son pays...
Ainsi il va retrouver ses proches à Thala, son petit village natal niché au flanc de montagne du Djurdjura...
Ce village berbère est occupé par l'armée française...
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Ce livre absolument passionnant est de plus écrit dans une langue tout à fait remarquable où affleure la poésie.
S'ajoute pour moi une raison toute personnelle d'être bouleversé par sa lecture : il me replonge dans un épisode douloureux de mon existence, précisément vécu dans cette magnifique région de Grande Kabylie.
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Extraits :
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"Aux maisons d'Alger,en quelque point que l'on se trouve,sont imparties des portions mesurées du ciel. Dans la beauté rigoureuse d'une baie ouverte sur la monotonie bleue d'une mer que nul accident n'humanise, l'esprit se sent sollicité et comme voué aux tensions extrêmes.

Ce ciel dont un cercle précis de montagnes ou la mer tracent de partout les limites, mais qui s'étale au- dessus de lui comme une tentation toujours proposée , toujours imposée, Alger sait qu'il ne peut y parvenir qu'à force d'exaltation .......

A Alger, pour aller à l'air libre, il faut toujours monter ........"
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"Pourtant ce qui se passe dans ce pays depuis trois ans aurait dû te guérir de la comédie. Il y a tant de sang, tant de souffrance, tant de morts. Mais non. Le sang tu crois que c’est de la teinture ; les morts étalés par dizaines dans ton journal chaque matin tu attends qu’ils se lèvent après la représentation, et pour un peu tu irais les féliciter après la pièce dans les coulisses…"
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"Le soleil n'envoyait plus de derrière la montagne où il s'était enfoncé dans des nappes de sang qu'une vague lueur violette sur le fond d'un ciel pâle .. Bientôt de toutes petites flammes éparses piquèrent le plateau.. Au loin par intervalles des chiens aboyaient .La lune se leva, gros morceau de fer rouillé ballant dans l'étang bleu ."
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"Ceux d'en face n'ont jamais été à l'école, ni la vraie ni même les autres, où ils auraient au moins appris à marcher au pas.Ce sont des gardiens de chèvres à qui on a mis un fusil de chasse entre les mains et qui s'en servent comme ils faisaient de la charrue ou de la faucille: avec la même application sérieuse, le même désir que ça réussisse.La guerre pour eux n'est pas un jeu grisant plein de panache."
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"Ils attendent la moisson, les bouseux, comme si la guerre ne se suffisait pas à elle même, comme si à la guerre on moissonnait autre chose que des coups, des morts, des galons, des décorations...Ils la font plus par nécessité que par vocation. C'est à vous dégoûter de porter l'uniforme."

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"Ramdane dit que la vieillesse c'est quand votre passé, même nul, pèse tant sur votre présent qu'il vous étouffe, vous ligote... et aussi des rides aux coins des yeux."




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Adaptation cinématographique en 1969 (non vue)
par
Ahmed Rachidi
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Mouloud Mammeri
(1917-1989)
Ecrivain, Linguiste, Anthropologue
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Voir Wikipédia ----) ICI

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lundi 22 juillet 2019

MANIERE DE VOIR N° 166 - AUX ARMES, HISTORIENS - Monde Diplomatique


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Un numéro absolument passionnant que j'ai lu d'une seule traite (enfin presque...)...
Coordonné par Benoit Bréville et Evelyne Pieiller.
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Présentation :
""Aux armes, historiens. Le roman national en débat.
Y a-t-il une histoire de droite et une histoire de gauche ? Un « roman national » différent selon chaque bord ? Comment s’y repérer ? Pour répondre à ces questions, la dernière livraison de Manière de voir explore les grands événements, les batailles idéologiques, les conquêtes sociales qui ont secoué la France depuis 1789.""


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Editorial "L'illusion de la Neutralité" (extrait) :
'"Un étudiant en histoire entend bien des conseils : bannir la formule "de tout temps", éviter les jugements de valeur, ne pas confondre commentaire et paraphrase. Mais s'il est une chose qu'on lui enjoint de proscrire c'est l'anachronisme......L'historien doit donc se garder d'envisager le passé avec l'oeil du présent, et de blâmer Platon parce qu'il possédait des esclaves.
Bon nombre de dirigeants politiques seraient avisés de suivre cette prescription pou se prémunir d'une autre forme d'anachronisme : envisager le présent avec l'oeil du passé..........."'
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Nombreux articles, Plusieurs sections...

1 - Un début de joie, la fraternité :
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"Des trois notions qui composent la devise de la République, c’est sans doute la fraternité qui est à la fois la plus évocatrice et la plus mystérieuse. Indissociable de l’égalité et de la liberté, elle est ce qui donne son sens aux luttes pour un bonheur commun. Mais, de la Révolution à Mai 68 en passant par la Commune, les soulèvements contre l’ordre établi ne débouchent pas toujours sur les changements espérés…"

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2 - L'égalité, un mensonge de la République ? 
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"Il est connu que, si tous les hommes naissent égaux, certains le sont plus que d’autres… Quand la Révolution affirme l’égalité des droits, c’est un bouleversement, qui signe la fin de l’Ancien Régime en abolissant notamment les privilèges de la noblesse. Au fil des changements politiques, le principe sera souvent bafoué. Pourtant, c’est parce qu’il existe que continue à s’élever l’exigence de justice."




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3 - Liberté, combats avec tes défenseurs !
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"C’est la philosophie des Lumières qui a mis l’accent sur la valeur prééminente de la liberté, c’est-à-dire la capacité de déterminer sa vie en toute autonomie, grâce à l’exercice de la raison délivrée des préjugés. L’aspiration à cette liberté-là animera de nombreux combats. Mais sa réalisation se heurte à la puissance des intérêts politiques et économiques, masqués en protecteurs de la société."


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Voix de faits :
Faits, Chiffres, Citations et petites histoires...
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Iconographie :

Les images qui accompagnent le numéro sont l'oeuvre de Yinka Shonibare Rahman et de Pep Carrio.
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lundi 8 juillet 2019

MARINA BELLEZZA (2013) - Silvia AVALLONE - Italie - J'ai lu n°11630

Une fois de plus, après "D'acier", la jeune écrivaine italienne frappe fort avec "Marina Bellezza"
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Présentation par l'éditeur :


"Il rêve de tout plaquer - famille et études - pour élever des vaches dans la ferme d'alpage de son grand-père. Elle court les télé-crochets dans l'espoir de devenir une star de la chanson. Andrea et Marina s'engagent dans des voies contraires... sans issues? Au cœur d'un no man's land aux confins de l'Italie, ils s'aiment depuis l'adolescence avec une fièvre qu'ils se promettent à chaque fois d'éteindre."

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Un portrait au scalpel de deux jeunes totalement désemparés mais qui tentent néanmoins de tracer leur chemin dans une société italienne en pleine crise...
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Un style fort, inventif, que l'on apprécie tout au long des 600 pages de ce remarquable roman "engagé et enragé".
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EXTRAITS :


"Pour Andréa Caucino, le secret, le caché, le non-dévoilé était le fondement naturel de la beauté, et le silence, la solitude en faisaient partie. Les animaux sauvages étaient beaux, beaux aussi les yeux ronds et brillants des vaches au museau levé qui vous regardent avec un étonnement muet; beau cet endroit inconnu de tous sinon des enfants qui viennent au printemps et surtout en mai, quand fleurissent les rhododendrons ; et belle Marina, avec son bas filé et sa robe de travers, son maquillage à moitié effacé et son sourire clair comme la première neige dans les creux du Mucrone."
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"Maintenant elle les voyait elle aussi, les entrepôts abandonnés, les filatures démembrées et les chantiers fermés depuis des années. Elle s'apercevait enfin que tout était mort, éteint, rouillé, pas comme dans ses souvenirs...Pourtant, cette terre là n'était pas un no man's land : c'était la sienne. Le seul lieu au monde où elle puisse toujours revenir."
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"Les femmes ne bougeaient pas, elles étaient comme les racines enterrées des châtaigniers, comme les tubercules et les rochers. Elles attendaient. Que les maris reviennent les mettre enceintes, que les enfants grandissent, que les maris rentrent pour mourir."
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"Le désir fait partie de la vie, au même titre que la violence. Devenir adulte, c'est gérer le désir et la violence "
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"Qu'importe si la beauté est éphémère et de courte durée, douteuse et injuste. C'est même pour cette raison-là - parce qu'elle appartient à la nature, à un état primitif du pouvoir et des sens - qu'elle attire plus que la pensée et les mots."

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"Souvent la douleur ne se fait pas sentir sur le moment, et ne se manifeste que plusieurs jours après. Notre corps peut même la transformer au contraire en insouciance, en euphorie."


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"La solitude, ça vous bousille, ça vous abrutit."

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Silvia Avallone
née en 1984
romancière et poétesse
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auteure également de 
"D'acier" (2010) voir ICI  sur ce blog
"Le Lynx"(2011)
"La vie parfaite" (2018) publié récemment en France...



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jeudi 27 juin 2019

"JUDITH ET HOLOPHERNE" de Toulouse (suite)....

La vente aux enchères du tableau 
"Judith et Holopherne"
attribué au Caravage
a été annulée
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Il a été cédé de gré à gré à un acheteur étranger qui souhaite rester anonyme pour un prix confidentiel (il était estimé entre 100 et 150 millions d'euros)

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lundi 17 juin 2019

LE SOLEIL DES SCORTA (2004) - Laurent GAUDE - France - J'ai lu n°8254

Une découverte bienvenue !
Laurent Gaudé je ne connaissais pas...
Vu récemment dans une émission de télévision où je l'ai trouvé particulièrement convaincant et attachant...
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Présentation par l'Editeur :


"La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché. Maudite, méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobre. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut encore les rattraper."
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Oui Ébloui par...
La qualité du style  (des phrases courtes qui donnent un rythme haletant au récit),
La force et l'émotion qui se dégagent de l'histoire qui conte, de façon magistrale, la saga des Scorta, sur quatre générations de 1875 à nos jours,
Et l'éclatant soleil des Pouilles...
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Dés les premières lignes l'envoûtement est là :

"La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s’était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d’août pesait sur le massif d’un Gargano avec l’assurance d’un seigneur. Il était impossible de croire qu’en ces terres, un jour, il avait pu pleuvoir. Que de l’eau ait irrigué les champs et abreuvé les oliviers. Impossible de croire qu’une vie animale ou végétale ait pu trouver- sous ce ciel sec- de quoi se nourrir. Il était deux heures de l’après-midi, et la terre était condamnée à brûler."
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Autres citations :

"Lorsque le soleil règne dans le ciel, à faire claquer les pierres, il n'y a rien à faire. Nous l'aimons trop cette terre. Elle n'offre rien, elle est plus pauvre que nous, mais lorsque le soleil la chauffe, aucun d'entre nous ne peut la quitter. Nous sommes nés du soleil, Elia. Sa chaleur nous l'avons en nous. D'aussi loin que nos corps se souviennent, il était là, réchauffant nos peaux de nourrissons. Et nous ne cessons de le manger, de le croquer à pleines dents. Il est là dans les fruits que nous mangeons. Les pêches. Les olives. Les oranges. C'est son parfum. Avec l'huile que nous buvons, il coule dans nos gorges. Il est en nous. Nous sommes les mangeurs de soleil."
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"Les olives sont éternelles. Une olive ne dure pas. Elle mûrit et se gâte. Mais les olives se succèdent les unes aux autres, de façon infinie et répétitive. Elles sont toutes différentes, mais leur longue chaîne n’a pas de fin. Elles ont la même forme, la même couleur, elles ont été mûries par le même soleil et on le même goût. Alors oui, les olives sont éternelles. Comme les hommes. Même succession infinie de vie et de mort. La longue chaîne des hommes ne se brise pas. Ce sera bientôt mon tour de disparaître. La vie s’achève. Mais tout continue pour d’autres que nous."

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"... Ceux qui disent que nous sommes pauvres n'ont jamais mangé un bout de pain baigné de l'huile de chez nous. C'est comme de croquer dans les collines d'ici. Ça sent la pierre et le soleil. Elle scintille. Elle est belle, épaisse , onctueuse. L'huile d'olive, c'est le sang de notre terre."
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"Tu n'es rien, Elia. Ni moi non plus. C'est la famille qui compte. Sans elle tu serais mort et le monde aurait continué de tourner sans même s'apercevoir de ta disparition. Nous naissons. Nous mourrons. Et dans l'intervalle, il y a quelque chose qui compte. Toi et moi, pris seuls, nous ne sommes rien. Mais les Scorta, les Scorta, ça, c'est quelque chose."
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"J'ai péché. J'ai tué et violé. Qui a arrêté mon bras? Qui m'a plongé dans le néant pour débarrasser la terre de ma présence? Personne. Les nuages ont continué à traverser le ciel. Il a fait beau les jours où j'avais du sang sur les mains. Il a fait beau de cette lumière qui semble un pacte entre le monde et le Seigneur. Quel pacte est possible dans un monde où je vis? Non, le ciel est vide et je peux mourir en souriant."
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"Il faut profiter de la sueur. C’est ce que je dis, moi. Car ce sont les plus beaux moments de la vie. Quand tu te bats pour quelque chose, quand tu travailles jour et nuit comme un damné et que tu n’as plus le temps de voir ta femme et tes enfants, quand tu sues pour construire ce que tu désires, tu vis les plus beaux moments de ta vie."

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Laurent Gaudé
Né à Paris en 1972
Romancier, Nouvelliste, Dramaturge.
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Voir Wikipedia ----) ICI

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mercredi 12 juin 2019

"JUDITH ET HOLOPHERNE" de Toulouse.....

Caravage ou pas ?
Entendu sur France Info que la toile "Judith et Holopherne", découverte en 2014 dans un grenier à Toulouse, allait être mise en vente aux enchères le 27 juin prochain...
Cette peinture datée de 1607 (144x173cm) représente Judith décapitant le général assyrien Holopherne.
Si son attribution au Caravage (1571-1607) ne fait pas de doute pour l'expert Eric Turquin, elle est contestée par certains.
Quoiqu'il en soit le tableau serait estimé à plus de 120 millions d'euros !
Attendons les résultats de la vente...
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Je n'ai pas vu le tableau de Toulouse, mais à priori j'ai une préférence pour celui peint en 1598 (145x195cm) par le génial Caravage que l'on peut admirer à Rome au Palais Barberini (Galleria Nazionale di Arte Antica...
Tout aussi cruel mais avec une composition, à mon avis, nettement plus réussie...
Qu'en pensez-vous, amis blogueurs ?




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