mardi 26 février 2013

LE PRINCE DES MAREES (1986) - Pat CONROY - Etats-Unis

Un pavé de plus de 1000 pages dévoré en un rien de temps !
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Un grand roman qui s'inscrit dans la lignée des grands auteurs de la littérature sudiste américaine, avec peut-être en plus un humour féroce...
 Pas facile de résumer un tel ouvrage qui est un peu l'histoire de la décomposition d'une famille.
Tom, devenu adulte, est amené à évoquer sa vie, celles de sa soeur et de son frére, notamment leur enfance entre un père souvent violent ("Notre enfance passa à attendre ses attaques") et une mère aimée, mais ambitieuse.
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Trois frères et soeur qui sont liés par un amour profond, émouvant :
Tom, le narrateur, qui doit faire face à ses reniements,
Savannah, la poétesse dépressive, suicidaire,
Luke, le passionné, un peu champion des causes perdues.
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Tous les trois partagent avec leur mère un terrible secret peut-être à l'origine de leurs difficultés à affronter la vie...
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EXTRAITS :
"Je ne suis pas un homme de principes, je ne suis pas un homme de foi, je ne suis pas un homme d'action. Et j'ai l'âme d'un collaborateur. L'âme qui a permis au gouvernement français de Vichy d'exister. Je suis devenu trés exactement le genre d'homme que je hais plus que tout au monde. J'ai une pelouse bien tenue et je n'ai jamais eu d'amende pour excès de vitesse."
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"Chaque fois que je tuais un cerf, c'était le visage de mon père que je voyais sous les bois  ; c'était le coeur de mon père que j'arrachais et brandissais sous les arbres ; c'était le corps de mon père que je pendais à une branche pour le vider de ses viscères. Je me transformai en une boule de haine, un crime contre la nature."
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 "Tandis qu'elle me tenait dans ses bras, j'eus envie de pleurer et de crier toute la tendresse et l'ardeur animant un petit garçon résolu à aimer sa mère. J'aurais voulu lui dire que je comprenais tout, et que je ne leur en voulais ni à elle ni à mon père pour la vie que nous avions eue sur cette île. Mais je restais silencieux, la tête appuyée contre son épaule, humant le doux parfum de ses cheveux."
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"Pour quelle raison y a-t-il des moments de l'histoire où il est admis de détester les Juifs, ou les Américains, ou les Noirs, ou les gitans , Il se trouve toujours un groupe pour mériter le mépris, à chaque génération. On devient même suspect si on ne les méprise pas. On m'a appris à détester les communistes quand j'étais jeune. Je n'en ai jamais vu l'ombre d'un, mais je les détestais ces salauds. Je détestais les Noirs quand j'étais enfant, parce que dans le coin de planète où j'ai grandi, considérer qu'ils étaient inférieurs aux Blancs relevait de la croyance religieuse."
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"Nous grimpâmes dans le bateau, Savannah et moi, et Luke nous poussa dans le courant. Savannah lui lança des baisers et nous le laissâmes, illuminé par la lueur parcheminée d'un beau clair de lune....quittant pour la dernière fois de notre vie notre terre natale. Tout en pilotant le bateau dans l'étroit chenal, je fis une petite prière au fleuve. Une prière de gratitude. Le même Dieu qui m'avait affligé de parents bizarres et meurtris m'avait également fait cadeau du frère et de la soeur les plus merveilleux qui fussent pour équilibrer la balance. Sans eux, je n'aurais pas fait le voyage. Ni n'aurais choisi de le faire."
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Pat Conroy
 est né à Atlanta en 1945
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Romancier à succés,
Il est l'auteur notamment de :
Le Grand Santini (1976)
Beach Music (1995)
Saison Noire (2002)
Charleston Sud (2009)
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