jeudi 25 octobre 2012

UNE VIE (1883) - Guy de MAUPASSANT (1830-1899) - (livre numérique)

Découverte de ce remarquable roman, le premier publié par Maupassant :
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Un magnifique portrait d'une femme, Jeanne, qui attendait tout de la vie et qui va sombrer de désillusion en désillusion...
et
Un tableau des moeurs de la société dans la Normandie du 19° siècle : aristocrates, paysans, domestiques, religieux...
Superbe !
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EXTRAITS
"Et Jeanne se sentait devenir folle de bonheur. Une joie délirante, un attendrissement infini devant la splendeur des choses noya son coeur qui défaillait. C'était son soleil ! son aurore ! le commencement de sa vie ! le lever de ses espérances ! Elle tandis les bras vers l'espace rayonnant, avec une envie d'embrasser le soleil.....Alors, posant son front dans ses mains, elle sentit ses yeux pleins de larmes ; et elle pleura délicieusement."
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"Sa grande force et sa grande faiblesse, c'était la bonté, une bonté qui n'avait pas assez de bras pour caresser, pour donner, pour étreindre, une bonté de créateur, éparse, sans résistance, comme l'engourdissement d'un air de la volonté, une lacune dans l'énergie, presque un vice." (sur le père de Jeanne)
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"Elle ne tenait point de place ; c'était un de ces êtres qui demeurent inconnus même à leurs proches, comme inexplorés, et dont la mort ne fait ni trou ni vide dans une maison, un de ces êtres qui ne savent entrer ni dans l'existence, ni dans les habitudes, ni dans l'amour de ceux qui vivent à coté d'eux." (sur la tante de Jeanne)
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"Alors elle s'aperçut qu'elle n'avait plus rien à faire. Toute sa jeunesse au couvent avait été préoccupée de l'avenir, affairée de songeries....
Alors plus rien à faire, aujourd'hui, ni demain, ni jamais. Elle sentait tout cela vaguement à une certaine désillusion, à un affaissement de ses rêves."
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"C'étaient des gens à étiquette dont l'esprit, les sentiments et les paroles semblent toujours sur des échasses.
Ils parlaient seuls, sans attendre les réponses, souriant d'un ait indifférent, semblaient toujours accomplir la fonction, imposée par leur naissance, de recevoir avec politesse les petits nobles des environs." (sur les nobles)
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"Elle répétait à tout moment : ""C'est moi qui n'est pas eu de chance dans la vie.""
Alors Rosalie s'écriait : ""Qu'est-ce que vous diriez donc s'il vous fallait travailler pour avoir du pain? si vous étiez obligée de vous lever tous les jours à six heures du matin pour aller en journée ! Il y en a bien qui sont obligées de faire ça, pourtant, et quand elles deviennent trop vieilles, elles meurent de misère.""
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C'est à Rosalie (la domestique) qu'il revient aussi de prononcer la dernière réplique du livre :
"La vie, voyez-vous, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit."
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Guy de Maupassant
(1850-1899)
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voir I C I   
(fiche du 10/08/2012)
 
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